Projecteur sur une femme du passé dont les œuvres d’éclatsont parvenues à notre temps.
Fredhy-Armel BOCOVO (Coll)
Fille du Nedega, roi du peuple Dagomba de Gambaga, région du nord de l’actuelle république du Ghana, Yennega vécut entre le 14ème et le 15èmesiècle. Fierté de son père, la courageuse princesse développa très tôt de l’intérêt pour les chevaux et les armes. Bien que l’un et l’autre furent interdits aux femmes par la tradition de son peuple, le roi autorisa sa fille au fort tempérament à monter à cheval et à manier les armes. Cavalière remarquable et très habile pour manier les armes, Nedega fit de Yennega la cheffe de guerre de son armée. Père très protecteur de sa fille, le roi rejetait toutes les propositions de mariage pour Yennega au point où il décida qu’elle était trop précieuse pour être mariée. Le roi étant resté indifférent à toutes les approches de sa fille pour lui exprimer son désir de se marier, Yennega s’enfuit loin une nuit, sur un cheval blanc. Perdue en forêt, dans la région des Boussanés, elle fit la rencontre de Ralié, un chasseur de sang royal qui fui lui aussi les contraintes de la royauté. Les deux âmes en quête de liberté s’unirent et naquit un garçon qu’ils appelèrent Ouédraogo en référence au cheval blanc de Yennega. C’est lui qui, envoyé plus tard par sa mère vers Nedega son grand père, unira les peuples Dagomba et Boussanés pour former le peuple Mossi (signifiant beaucoup d’hommes en langue bambara) de l’actuel Burkina-Faso. L’impact de la princesse rebelle sur l’histoire de ce pays est tel que la plus grande distinction du prestigieux FESPACO lui est dédiée : l’étalon d’or de Yennega. Elle est vénérée par les Mossi comme la mère fondatrice de leur royaume car ils n’auraient pas existé sans son audace et son attachement à sa liberté.