Dès sa prise de pouvoir en 2025, Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l’Accord de Paris de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Une décision qui pourrait être préjudiciable dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’Afrique, région vulnérable et la plus forte concentration de pays les moins avancés au monde, en subira les conséquences.

Afrique/USA
Contrairement au retrait précédent de 107 jours avant la réintégration en 2021 par Joe Biden, les Etats-Unis disposent désormais de temps, soit jusqu’en 2028, pour bloquer les efforts mondiaux relatifs à l’action climatique de l’accord de Paris. Un accord qui, d’ailleurs, concerne 196 participants à la Conférence des Nations Unies sur le climat en 2015 à Paris. Seuls le Yémen, l’Iran et la Libye se sont abstenus de le signer. Son objectif principal est de limiter la hausse des températures à +1,5 °C d’ici la fin du siècle, ou à défaut, sous la barre des +2 °C. Pourtant, les États-Unis, deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre après la Chine, ont continué à contribuer à l’augmentation globale des émissions, qui sont passées de 35 milliards de tonnes en 2015 à 41 milliards en 2024. Elles pourraient atteindre leur pic en 2025.
Une décision qui pénalise l’Afrique !
Le manque de considération des USA à l’égard du changement climatique, pourrait entrainer une réduction du financement à la lutte contre le changement climatique. Aussi, cela pourrait avoir de lourdes conséquences sur les ambitions en matière d’atténuation et d’adaptation et notamment sur les besoins des pays africains. Les partenariats pour une transition énergétique juste, qui facilitent le passage à une croissance à faible intensité de carbone en Afrique, en sont des exemples. L’autre impact négatif, est que l’Afrique du Sud et le Sénégal, disposent de JETP opérationnels, et des projets pilotes sont en cours pour l’Egypte, la Cote d’Ivoire et le Maroc. Les perspectives de ces transitions énergétiques seront donc perturbées car les Etats-Unis ont été, jusqu’à présent, un partenaire principal.
De même, la participation américaine au financement du Fonds vert pour le climat, à hauteur de 4 milliards, destiné à soutenir les projets des pays du Sud et surtout les pays africains à s’adapter aux effets du changement climatique, pourrait être remise en cause. Cela ne ferait qu’accentuer les difficultés financières auxquelles ces pays font déjà face, d’autant plus que la promesse des nations développées de verser 100 milliards de dollars par an reste en grande partie inaboutie. La mise en œuvre de l’Accord de Paris repose en effet sur la crédibilité des engagements pris. Si les industriels et autres acteurs économiques doutent de la volonté réelle des grandes puissances à respecter leurs objectifs, ils pourraient être tentés de poursuivre leurs activités polluantes sans contrainte et l’Afrique pourrait se contenter des pots cassés. Le processus de rehaussement des ambitions climatiques risque ainsi d’être compromis pour les pays pauvres.
Les nations africaines devront donc redoubler d’efforts et trouver d’autres sources de financement, sans pouvoir compter pleinement sur l’aide des grandes puissances. Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris redéfinit les équilibres mondiaux et pèse lourdement sur l’avenir de la planète.
Watson SAMA (Coll)