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Mise à jour des SIM au Bénin : Le syndrome ‘‘retard’’ toujours intact, desabonnés pris à leur propre piège

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Des centaines d’abonnés aux réseaux GSM ont pris d’assaut les agences après la désactivation de leur carte SIM pour non-mise à jour. Entre négligence, difficultés techniques et manque de temps, nombreux sont ceux qui se retrouvent pris au dépourvu. Face à l’affluence, les opérateurs s’organisent, tandis que l’Arcep reste ferme sur les sanctions. Une éventuelle prolongation du délai reste en suspens.

Mailyse DAGBA, Michèl DEGUENON (Stags)

Des centaines d’abonnés aux réseaux GSM ont afflué ce lundi 31 mars 2025 vers les agences pour régulariser leur situation. Difficultés d’accès aux opérations de retrait ou de transaction monétaires, non aboutissement des appels téléphoniques, inaccessibilité aux services basiques… Telles sont les préoccupations qui ont conduit nombre de clients à se précipiter dans les agences. Ce sont pour la plupart des retardataires dans la mise à jour obligatoire de leurs données SIM. « Je suis ici parce que ma carte SIM a été désactivée. Ce matin, en voulant effectuer un retrait d’argent, j’ai constaté qu’elle ne fonctionnait plus. J’ai immédiatement accouru à l’agence pour régler le problème », témoigne Benoîte, une abonnée. En effet, les réseaux ont mis en exécution leurs annonces, suspendant tous les numéros non à jour. L’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste (Arcep) avait imposé une mise à jour des cartes SIM, accordant un délai étendu jusqu’au 30 mars 2025. Malgré une vaste campagne de sensibilisation, de nombreux abonnés n’ont pas respecté l’échéance et voient leur carte SIM désactiver pour certains réseaux. « Malgré nos avertissements, certains n’ont pas pris la mesure de l’urgence. Désormais, avec la coupure effective des SIM, ils affluent en masse », explique Bertrand, agent d’une agence mobile. Si certains ont simplement négligé la procédure, d’autres assurent avoir été confrontés à des difficultés logistiques. « Je n’avais pas ma carte d’identité à jour et mon emploi du temps ne m’a pas permis de me rendre à l’agence à temps », confie Firmin Koudan. Yavedo Afi, commerçante, ne s’est pas plainte. Elle trouve logique la décision de suspension des numéros après plusieurs mois d’annonce. Elle a évoqué ses courses quotidiennes et son activité ne lui permettant pas de se rendre disponible. Comme elle, un jeune homme, Merveille Dagba a mis l’accent sur son indisponibilité, le temps lui faisant défaut. Il n’a pas caché son défaut, la procrastination qui est de toujours rejeter à demain. « C’est une erreur de négligence », a-t-il reconnu.

Des obstacles techniques et humains

Outre les abonnés récalcitrants, certains ont rencontré des problèmes techniques. «Des dysfonctionnements systémiques ont parfois compliqué les opérations et des erreurs dans les bases de données de l’Anip ont retardé certaines mises à jour », souligne un technicien. D’autres abonnés font état de difficultés d’authentification biométrique, notamment l’impossibilité d’afficher correctement leurs empreintes palmaires. Par ailleurs, certains agents chargés des mises à jour sont pointés du doigt pour leur manque d’efficacité. « L’agente en poste à Zogbohoué refuse souvent de nous recevoir et nous renvoie vers la direction », dénonce un usager.

Les mises à jour encore possible

Face à l’affluence et aux difficultés rencontrées, certains demandent une prolongation du délai. Pour l’heure, les réclamations sont traitées au cas par cas. Sur place, les abonnés peuvent réactiver leur SIM en présentant leur numéro de téléphone et leur carte CIP. L’opération, gratuite, se déroule en quelques minutes, mais il faut patienter entre deux et trois jours pour la réactivation effective. « Avec la mobilisation actuelle, nous régularisons rapidement les situations. Nos agents sont efficaces et les abonnés ne patientent pas longtemps dans la file d’attente », assure un employé d’une agence à Mènontin. Alors que les abonnés tentent de se conformer aux exigences, la question d’une éventuelle extension du délai reste en suspens. Toutefois, la suspension des numéros non à jour n’est que temporaire et, donc pas définitive, assure les agents des réseaux. A en croire Fifamè, la cheffe d’équipe dans une agence à la Haie Vive à Cotonou, le dernier mot revient à l’institution de tutelle, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep). L’institution pourra décider de la suppression définitive des numéros non à jour après une période d’analyse.

En attendant, ajoute-t-elle, les mises à jour continuent dans les différentes agences. « Je souhaiterais inviter tous ceux qui ne l’ont pas encore fait à bien vouloir se rapprocher de tous nos points de contact. Nous sommes ouverts tous les jours de huit heures à minuit (08h-00h) en ce qui concerne les mises à jour», a-t-elle renseigné. D’après nos sources, l’Arcep, après des réflexions profondes et plusieurs concertations, pourrait demander aux GSM d’accorder un délai supplémentaire aux retardataires. Après quoi, la suppression définitive des numéros non à jour et/ou inactifs ne sera qu’un fait.

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