À l’occasion de la Journée Internationale Zéro Discrimination, la capitale béninoise a été le théâtre d’une mobilisation exceptionnelle pour réaffirmer l’engagement des acteurs de la riposte au VIH/SIDA en faveur d’une société plus inclusive et plus juste. Organisée sous l’égide de l’ONUSIDA, cette journée a été marquée par une marche symbolique et des allocutions engagées, mettant en lumière la nécessité d’agir contre les inégalités et les discriminations qui freinent l’accès aux soins et aux services de prévention. Aminatou Sar, Coordonnatrice du Système des Nations Unies au Bénin, a salué les efforts des organisations locales et des institutions béninoises dans la lutte contre le VIH/SIDA. « Le thème de cette année, ‘Nous sommes solidaires’, met en avant le rôle crucial des communautés dans la riposte au VIH. Elles garantissent la dignité et le respect des personnes vivant avec le VIH, en particulier les adolescents et les jeunes », a-t-elle souligné. Si les progrès sont indéniables, elle a rappelé que les violations des droits humains restent un obstacle majeur à l’éradication du sida d’ici 2030. La stigmatisation et la discrimination, encore largement répandues, compromettent l’accès aux soins et augmentent la vulnérabilité des populations concernées. À ce titre, elle a salué les initiatives du CNLS-TP (Comité National de Lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme) et de l’Instance Nationale de Coordination, qui travaillent activement à la protection des droits des personnes vivant avec le VIH. Intervenant en clôture de l’événement, le Dr Hervé Gbegnidé, Secrétaire exécutif adjoint du CNLS-TP, a mis en avant la volonté du gouvernement béninois de lutter contre les discriminations à travers des actions concrètes.
Le Plan Stratégique National Intégré pour l’Élimination du VIH/SIDA, de la Tuberculose, du Paludisme, des Hépatites et des IST (PSNIE 2024-2030) adopté par le gouvernement, met un accent particulier sur l’intégration de l’approche genre et droits humains dans tous les programmes de prévention et de soins, la lutte contre les violences basées sur le genre, qui constituent un frein majeur à l’accès aux soins pour les femmes et les filles, la formation des professionnels de santé à des pratiques non stigmatisantes et respectueuses des patients, le renforcement des dispositifs de protection pour les victimes de violences et de discriminations. En appelant à une action collective et concertée, le Dr Gbegnidé a insisté sur l’importance de traduire les engagements en mesures concrètes. « Le temps n’est plus aux promesses, mais à l’action durable. Nous devons garantir un accès universel aux soins et construire un Bénin où chacun est respecté et protégé», a-t-il déclaré.

Sylviane Chancouin, représentante de l’ONG ABéJEV-PLUS, a tenu un discours poignant, rappelant l’importance de cette journée bien au-delà d’une simple commémoration. « Il s’agit de pousser l’opinion publique à s’engager collectivement et à agir pour une société plus juste, plus inclusive et plus solidaire envers toutes les personnes touchées par le VIH/SIDA, y compris les adolescents et jeunes vivant avec le virus », a-t-elle déclaré devant un parterre d’acteurs de la société civile et de partenaires internationaux. Soulignant les avancées significatives dans la prévention et la prise en charge du VIH/SIDA, elle a néanmoins alerté sur les défis persistants, notamment la stigmatisation sociale et institutionnelle, les violences basées sur le genre et le manque d’accès à une information fiable et adaptée pour les jeunes. Dans ce contexte, ABéJEV-PLUS s’engage résolument à sensibiliser les communautés à travers des campagnes d’information ciblées, utiliser les médias et les réseaux sociaux pour toucher un plus large public, former des pairs éducateurs pour renforcer la proximité avec les jeunes, et plaider pour un accès équitable aux soins et aux traitements, sans discrimination.