Plus attractif et plus dense, le football féminin est de plus en plus apprécié. Au Bénin, il se pratique depuis des décennies, mais son essor reste plombé par des stéréotypes et surtout le manque de moyens. Des difficultés que le club » Les Tigresse de Cotonou » transcende grâce à la passion de ces sociétaires et de son président. Cette équipe constitue l’une des meilleures pépinières du football féminin national. Zoom sur cette formation d’Amazones amoureuses du ballon rond.

Armel TAGNON(Coll)
Ce Vendredi à 14h, un tour sur le terrain de sport de l’ancien camp Guézo à Cotonou. Un groupe de jeunes filles fait des galops, malgré le cuisant au zénith. Il s’agit de l’équipe des Tigresses de Cotonou, confie un supporter, ajoutant qu’elles sont très talentueuses. Dans leur maillot bleu, elles viennent de démarrer leur séance d’entraînement du jour. Après quelques foulées, les footballeuses tâtent les ballons dispersés çà et là. Alors que les jonglages et dribbles vont bon train, retentit le sifflet de l’entraîneur. Très rapidement, des plots sont dispersés à des endroits déterminés, et c’est le début des ateliers de contrôles et de passes. De leur côté, les gardiennes de but font des exercices spécifiques à leur poste.
Un long chemin parcouru
<<Créé en 2004 sur les cendres du club les Tigresses de l’Atlantique, équipe des années 1980, ce club a pour vision première d’occuper les filles à travers une activité saine mais également les évangéliser, afin qu’elles puissent connaître Dieu et mener une bonne vie>>, renseigne Charles Bewa, président du club. La volonté de conquérir des titres n’est que la suite du projet, ajoute-t-il. Dans ce sens, l’équipe a enchaîné des performances au Bénin, raflant jusqu’en 2017, plusieurs trophées, dont des titres de championne du Bénin. Avec l’avènement des subventions, d’autres clubs féminins sont nés, rendant la bataille plus rude. Conséquence, le club sera relégué en 2ème division en 2023. A noter que la tranche d’âge des joueuses varie entre 10 ans et 19 ans, classées dans les équipes des minimes, cadettes et juniors. Les seniors sont prêtées à d’autres clubs, confie le responsable.
De nobles défis en dépit du manque de moyens
En 20 ans d’existence, Les Tigresses de Cotonou n’ont jamais bénéficié d’un partenariat digne du nom, se désole le président qui salue tout de même l’avènement de la subvention annuelle. « C’est un sacerdoce, une mission divine que nous nous sommes donnée. » indique-t-il, précisant que le club perçoit 10 millions comme subvention annuelle de la part du ministère. Cependant, assure-t-il, les filles sont mises dans de bonnes conditions professionnelles avec une rémunération régulière. Club féminin de la ville, les Tigresses, espère taper dans l’œil d’une société privée ou étatique pour un partenariat. Mais tout ceci ne sera rendu possible que si elle offre plus de visibilité en remontant dans l’élite.
Assurer le maintien : objectif de la saison
Cette saison, l’équipe est classée dans la moitié du tableau du classement en D2, à cause des nombreux départs. L’actuelle entraîneuse Calixta Samuel joue le maintien. Le manque de moyen a causé le départ de plusieurs pépites, ce qui s’est répercuté sur les résultats. Malgré ces difficultés, le club ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Dans deux ans maximum, nous allons remonter et rayonner encore une fois », indique le président Charles Bewa.