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Réunion entre la FBF et le staff de Gernot Rohr : des ajustements indispensables…Concilier autorité et pragmatisme pour relancer les Guépards

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Ange M’poli M’TOAMA

Une rencontre importante mais des attentes encore insatisfaites. Le sentiment est mitigé au sortir des discussions entre la Fédération Béninoise de Football (FBF) et le staff technique des Guépards conduit par le sélectionneur Gernot Rohr. Les espoirs placés en cette réunion n’ont pas été pleinement comblés. Les deux parties ont eu une discussion cordiale à l’image d’une partie de poker alors que les performances de la sélection ont été décevantes lors des 5ème et 6ème  journées des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026. Si des améliorations ont été convenues en matière de structuration de l’équipe, d’organisation logistique et d’équipements, aucune restructuration en profondeur n’a été décidée.

Pourtant, la sélection traverse une phase critique. Cette rencontre fait suite aux piètres résultats notamment la défaite à domicile contre l’Afrique du Sud et le match nul face au Zimbabwe qui ont suscité des indignations. En effet, non seulement les Guépards sont loin de leur objectif de qualification au mondial mais aussi, l’équipe joue très mal et ce n’est point exagéré de le dire.  Gernot Rohr, quant à lui, a plaidé pour le maintien de sa vision sans remise en cause de son travail, tandis que Mathurin De Chacus, président de la FBF, a insisté sur l’impératif de victoires pour redorer l’image du football béninois. Sauf qu’ici, l’adage dit que le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir et donc, ce serait une demi-surprise que dès la prochaine liste et le prochain match des Guépards, les remarques et indignations du public sportif ne soient pas pris en compte et corrigées.

La FBF a manqué de fermeté

Pour toutes ces raisons, cette réunion aurait dû être l’occasion d’imposer une ligne directrice ferme et des exigences claires à Gernot Rohr. Or, c’est plutôt le technicien français qui semble avoir pris l’ascendant. Aucune mise en demeure, aucun ultimatum n’a été formulé à son encontre alors que la sélection navigue en eaux troubles avec une 3ème place à quatre points du leader sud-africain. De plus, Rohr aurait exigé des excuses publiques des joueurs indispensables qu’il a délibérément mis à l’écart sans reconnaître sa part de responsabilité dans ces crises à répétition. Car, à la vérité, ses communications n’ont pas toujours été les bonnes et ses propos tendancieux envers des joueurs auraient pu être évités quand on sait que le linge sale se lave en famille et que parfois, il faut savoir raison garder. Une posture d’ailleurs contestable, dans la mesure où le règlement des différends disciplinaires relève de la FBF. L’exemple du Gabon qui a réintégré Pierre-Emerick Aubameyang sans qu’il n’ait à s’excuser montre qu’il est possible de concilier autorité et pragmatisme. Le coach n’est pas là pour éduquer les joueurs, mais pour constituer la meilleure équipe possible et obtenir des résultats. Plutôt que d’alimenter des polémiques inutiles, il lui incombe de trouver des solutions sportives efficaces. Il est temps pour la FBF d’agir avec fermeté et lucidité. La sélection béninoise a besoin d’un électrochoc pour retrouver son ambition et renouer avec la victoire. Les prochaines semaines seront décisives pour jauger la capacité des instances dirigeantes à impulser un véritable renouveau avec ou sans Gernot Rohr.

Des chantiers non explorés…

Ce qui est certain, au-delà des lacunes structurelles, le renouvellement de l’effectif s’impose pour accroitre la compétitivité de l’équipe. L’absence prolongée de certains cadres comme Cèbio Soukou, écarté depuis 2023 pour avoir décliné une convocation pèse lourdement sur l’animation offensive. Son retour grâce à la prise de responsabilité de la Fbf pourrait redynamiser un secteur en panne de créativité. Autre cas problématique, celui d’Olivier Verdon mis à l’écart pour des raisons disciplinaires. Son expérience aurait pourtant été précieuse pour stabiliser une défense en difficulté qui a concédé quatre buts en deux matchs. Par ailleurs, la pertinence du maintien de certains joueurs vieillissants et dépassés par les événements doit être examinée. Des éléments comme Jodel Dossou, Saturnin Allagbé ou encore Kiki David suscitent des interrogations quant à leur apport réel. Seules des performances solides en club devraient justifier leur présence dans le groupe. Mais, avec Gernot Rohr qui n’a pas hésité à déclarer que le club de Jodel Dossou, c’est le Bénin, ou qui titularise un gardien de but qui joue en deuxième division en Afrique du Sud au détriment d’un autre qui est titulaire en première division au Nigeria avec le club en tête du championnat et des clean sheet successifs, plus rien ne devrait surprendre.

La question des binationaux occultée

Des conclusions servies à la presse, un point clé a été occulté à moins que des discussions entre les deux parties, il n’en a pas été question. Cependant, le public est curieux de savoir ce qu’il en est du recrutement des joueurs binationaux. Sinon, malgré le mandat confié à Oumar Tchomago et Rudy Gestede pour identifier de nouveaux talents susceptibles de rejoindre la sélection, aucun résultat tangible n’a été jusqu’ici servi aux férus du football au Bénin. Manque de moyens, absence de stratégie claire ou choix de la discrétion ? La question reste en suspens. De même, le rôle de la Direction technique nationale, censée fournir à la sélection des joueurs issus du championnat local est remis en cause. Aucun nouvel élément de la ligue domestique n’a été intégré à l’équipe première, soulevant des doutes sur l’efficacité du travail de détection. Pourtant, la ligne d’attaque des Guépards souffre et certainement, il y a le meilleur buteur du championnat à essayer. Les couloirs ne tournent plus avec Rachid Moumini et David Kiki et, il n’y a pas qu’eux seuls qui peuvent servir la Nation.

En définitive, les Guépards restent sur une série de dix matchs avec quatre victoires, trois nuls et trois défaites. Si ces résultats ne sont pas catastrophiques, ils traduisent toutefois une stagnation inquiétante et, s’il y a lieu de changer de fusil d’épaule pour créer l’électrochoc, autant le faire avant qu’il ne soit trop tard. Autrement, et c’est d’ailleurs le président de la Fbf lui-même qui l’a souligné, il ne faut pas s’attendre avec ce jeu pratiqué par Gernot Rohr et ses poulains, à de bonnes prestations à la Can au Maroc. Et pour qu’il n’en soit pas ainsi, il ne faut pas faire la langue de bois mais taper du poing sur la table avec un Gernot Rohr qui ne cesse de démontrer que seuls ses idées et ses principes priment sur tout. Enfin, le prochain match de Juin face au Maroc si tout va bien, nous aidera à éclairer nos lanternes.  

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