On ne trouve plus de poisson à pêcher au premier avril. Et même si certains filets en retenaient quelques-uns par extraordinaire, ce n’est plus que le menu fretin. Peut-être parce que les gags qui prennent des hommes avertis par surprise sont royalement ignorés par ceux-ci. Ou que les pigeons rechignent à payer une dette trop facile. Dans tous les cas, la magie n’opère plus. Nos enfants ne connaîtront jamais la belle désillusion collective d’un lundi matin, lorsque les Cotonois, très excités, se sont rués massivement à la plage avec bassines et machettes, parce qu’une voix respectable, à la radio nationale, les avait tous envoyés dépecer une grosse baleine échouée, qui n’était à l’arrivée qu’un très gros poisson d’avril. Nos enfants n’apprendront peut-être pas que, c’est au détour d’un canular radiophonique un premier avril que, par vagues successives, les souscripteurs de ICC services, du nom de cette célèbre structure de placement d’argent, ont envahi les guichets en apprenant que leur argent s’était évaporé. Ce fut le détonateur involontaire du plus gros scandale financier du siècle. De quoi faire avaler leur langue à tous les farceurs du micro. Il faut dire que depuis, l’humour du 1er avril, plus noir que jamais, ne fait plus du tout marrer
Anicet