La cité bruisse continûment des ronchonnements et des râlements des dignitaires de certaines chefferies, depuis qu’il a été établi qu’ils ne figurent pas sur la liste de reconnaissance, publiée au terme du processus de vote de la loi ad’hoc, à l’Assemblée nationale du Bénin. À bon droit, serait-on tenté de dire. Car, la conséquence directe du vote de cette loi énumérative, est la disparition ipso facto des roitelets autoproclamés de bonne ou de mauvaise foi. Finies les parades lucratives et les guerres de leadership qui opposaient les uns aux autres, au gré des intérêts de circonstances. Le mérite du gouvernement n’aura pas seulement été d’avoir eu l’audace d’énumérer et de classer les chefferies traditionnelles. C’est surtout d’avoir pensé à réorienter leur influence vers la défense de certaines causes nationales qui nécessiteront l’exercice de leur autorité morale restaurée. Vues sous cet angle, connues ou reconnues, elles seront toutes d’une certaine utilité.