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Noël Kokou Dassou: Un parcours forgé par le travail dans le milieu éducatif

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Noël Kokou Dassou est un homme d’engagement et de résilience. Professeur certifié d’allemand et de français depuis 1992, il a consacré sa vie à l’enseignement, évoluant exclusivement dans le secteur privé. Il est le fondateur du complexe scolaire Bethléem, une institution qui incarne sa vision de l’éducation et son désir de contribuer activement à la formation de la jeunesse.


Né à Akonana dans la commune d’Athiémé, Kokou Noël Dassou a fait ses études primaires dans son village natal avant de poursuivre son cycle secondaire à Athiémé et Lokossa, où il obtient son Baccalauréat. Sa vocation pour l’enseignement se manifeste très tôt. Dès 1984-1985, il effectue une mission d’enseignement au Ceg de Djakotomey avant d’intégrer l’École Normale Supérieure. Conscient des réalités du marché du travail et de la précarité de certains emplois, il choisit de se spécialiser en allemand et français, un domaine où la demande était forte.

Sa passion pour l’allemand ne relève pas du hasard. En 1981, une correspondance avec une Allemande change le cours de sa vie. Grâce à cette relation épistolaire, il a accès à des ressources académiques précieuses, qui l’aideront à exceller dans ses études. Cette correspondance le conduit à obtenir une bourse du DAAD en 1989, lui permettant d’effectuer un séjour académique à l’université de Hambourg. Son expertise en allemand le mène également à encadrer les militaires béninois et à collaborer avec l’armée allemande dans le cadre de séminaires pédagogiques, renforçant ainsi son ouverture sur le monde.

Un engagement sans faille dans l’enseignement privé

Par conséquent, Noël Kokou Dassou a fait le choix courageux de ne pas dépendre de l’État. Il a préféré tracer sa propre voie dans le secteur privé, convaincu que l’indépendance et l’initiative personnelle offrent plus de perspectives à long terme. Cette décision, bien que difficile, s’est révélée payante : alors que beaucoup de ses collègues prennent aujourd’hui leur retraite avec des problèmes de santé, il reste actif et impliqué. Sa vision de l’éducation repose sur un principe fondamental : l’autonomie et la rigueur. Il milite pour une formation qui prépare les jeunes à se prendre en charge plutôt qu’à rechercher un emploi public. Pour lui, la véritable réussite réside dans l’effort, la discipline et la capacité à affronter les difficultés. « Ça fait déjà plus de 32 ans que nous sommes dedans. Si j’étais à la fonction publique, je serais allé à la retraite. Mais comme j’ai évolué dans le privé, j’étais le seul à ne pas arriver dans la fonction publique. Et aujourd’hui, tous mes amis, mes camarades de classe, les camarades étudiants qui sont en train d’aller à la retraite me donnent raison. Donc, pendant qu’ils sont en train d’aller à la retraite avec des sachets de médicaments contre la tension artérielle, le diabète, la prostate et tout, c’est maintenant que les projets qu’on avait commencés difficilement sont en train de prendre… », a-t-il confié.

Un entrepreneur éducatif au service de la jeunesse

C’est avec cette philosophie qu’il fonde son complexe scolaire, un établissement qui s’est imposé comme un pilier éducatif. Plutôt que d’investir dans des biens matériels comme des voitures, il choisit de construire une école afin d’offrir aux enfants un accès à une éducation de qualité. Cette initiative permet à de nombreux élèves de poursuivre des études et d’accéder à des carrières prestigieuses à l’international. En parallèle, il joue un rôle actif au sein du collectif des chefs d’établissements privés de l’Atlantique, participant à l’amélioration du système éducatif au Bénin. « Parallèlement à l’enseignement, j’ai beaucoup investi dans les plantations de palmiers, de teck et des produits vivriers (maïs, manioc) au village, d’où je tire des fois des revenus pour payer mes enseignants et même les impôts. La terre ne ment jamais, dit-on souvent ! », a-t-il indiqué.



Une enfance marquée par la rigueur et le travail

Si Noël Kokou Dassou prône la rigueur et l’autonomie, c’est parce qu’il a lui-même connu une enfance difficile. Issu d’une famille modeste, il a dû travailler dur dès son plus jeune âge, enchaînant les travaux champêtres, les emplois saisonniers et les petits boulots pour financer ses études. Cette expérience lui a inculqué la valeur de l’effort et l’a préparé à affronter les épreuves de la vie avec courage. Aujourd’hui, il regrette que la nouvelle génération ne soit pas soumise aux mêmes épreuves et qu’elle cherche la facilité plutôt que la persévérance. Il observe avec inquiétude le développement d’une mentalité d’assistanat, où les jeunes peinent à se responsabiliser et à surmonter les difficultés par eux-mêmes.

Un regard critique sur l’éducation et la société

Pour Noël Kokou Dassou, l’éducation doit être repensée pour inculquer aux jeunes des valeurs de discipline et de responsabilité. Il défend l’idée d’une éducation obligatoire, avec un suivi strict de la présence scolaire, à l’image de certains modèles asiatiques comme la Chine. Il plaide pour des réformes structurelles, notamment une meilleure promotion des formations techniques et professionnelles, afin de préparer les jeunes à des métiers concrets plutôt qu’à des études théoriques déconnectées du marché du travail. Son intégrité et sa fidélité à ses principes sont également illustrées par son choix de ne pas céder aux opportunités faciles. Malgré sa relation épistolaire de plusieurs décennies avec sa correspondante allemande, il refuse d’épouser une femme européenne ou d’accepter des offres qui auraient pu compromettre ses valeurs. Cette droiture lui a permis de construire sa propre trajectoire, sans dépendre d’autrui.

Pour Noël Kokou Dassou, un enfant représente la continuité. « C’est la suite de tout ce que je suis en train de faire maintenant. C’est qu’il doit continuer. Je souffre que les enfants, par exemple, n’aiment pas aller au champ juste parce qu’ils sont à l’école, sont à Cotonou ou bien ils ont évolué. Ce que nous avons dans les champs au village, ils ne veulent pas aller s’en occuper, pour pouvoir connaître même les limites », dit-il, tout en rappelant que la terre est un actif qui prend de la valeur.

Un héritage durable

Aujourd’hui, Noël Kokou Dassou peut être fier de son parcours. À travers son complexe scolaire Bethléem, il a laissé une empreinte durable dans l’éducation béninoise. Son engagement a permis à de nombreux jeunes d’accéder à des opportunités qu’ils n’auraient jamais eues ailleurs. Son histoire est une leçon de persévérance, d’engagement et de courage, inspirant les générations actuelles et futures à embrasser la rigueur et l’indépendance pour bâtir leur propre avenir.


Estelle DOKPO (Coll)

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